
Pour publication
le 21 février 2001
L'ombudsman publie son rapport annuel
Le rapport souligne
entre autres des changements en matière de politique visant
à améliorer les services et les programmes du gouvernement
Monsieur Barry
Tuckett, l'ombudsman du Manitoba, a aujourd'hui rendu public son rapport
annuel qui suggère un certain nombre d'améliorations
en matière de services à la suite des 4 403 demandes
et plaintes adressées au bureau de l'ombudsman en 1999.
Dans le rapport,
on note que le Bureau de l'ombudsman est intervenu pour régler,
complètement ou partiellement, des centaines de conflits entre
des particuliers et des organismes du gouvernement.
« La détermination
des Manitobains à faire valoir leurs droits lorsqu'ils estiment
que les principes d'impartialité et d'équité
n'ont pas été respectés fournit à l'ombudsman
l'occasion de travailler en coopération avec ces particuliers
et le gouvernement pour régler d'innombrables différends,
a déclaré M. Tuckett. Grâce à ce processus,
les pratiques en matière de services de la fonction publique
dans notre province peuvent continuer à s'adapter et à
s'améliorer. »
En 1999, le nombre
total de demandes et de plaintes reçues par le Bureau de l'ombudsman
a augmenté de plus de 10 % par rapport à l'année
précédente. Ces demandes et plaintes concernaient divers
ministères et d'organismes du gouvernement. Des 4 403 demandes
et plaintes reçues en 1999 par la Division de l'ombudsman du
Bureau de l'ombudsman provincial, 885 étaient des plaintes
formelles écrites et déposées par des particuliers.
En total, 973 plaintes ont été réglées,
y compris un certain nombre qui avaient été reportées
d'années précédentes.
Au moment de rendre
public son rapport annuel, M. Tuckett a fait remarquer que la grande
majorité des fonctionnaires et des fournisseurs de services
publics tiennent véritablement à offrir de bons services.
Il a ajouté toutefois que, même dans des sphères
du gouvernement où l'on a toujours eu l'habitude d'adhérer
à des normes administratives de très haute qualité,
des fautes et des erreurs de jugement peuvent être commises.
Dans la plupart des cas, les particuliers ont recours aux services
de l'ombudsman pour l'une des raisons suivantes :
- ils se sentent
perdus ou embrouillés dans la hiérarchie des différents
niveaux et services de la fonction publique;
- ils comprennent
mal les décisions qui ont été prises à
leur égard par les fournisseurs de services publics;
- il peut y avoir
un problème ou un manque de communication entre le plaignant
et un employé du gouvernement;
- ils estiment
qu'ils ont été traités injustement par le gouvernement;
- ils estiment
qu'on n'a pas fait cas de leur problème ou situation.
Selon M. Tuckett,
l'augmentation du nombre de plaintes et de demandes en 1999 est également
le résultat d'un changement progressif des attentes du public.
« Autrefois,
les gens acceptaient plus facilement ce qu'on leur disait et étaient
moins disposés à contester les décisions et les
actions prises par des hauts fonctionnaires, des politiciens et des
professionnels, notamment des médecins et des avocats, a précisé
M. Tuckett. C'est beaucoup mieux pour la démocratie lorsque
les particuliers questionnent et contestent les actions et les décisions
qui, à leur avis, vont à l'encontre des principes de
justice, d'équité, de transparence et de responsabilité
administrative. »
Créé en 1970, le Bureau de l'ombudsman a pour objectif
de promouvoir l'impartialité, l'équité et la
responsabilité administrative au moyen d'enquêtes indépendantes
et impartiales sur des plaintes et de vérifications de la conformité
aux lois et règlements. L'ombudsman, en vertu de la Loi
sur l'ombudsman, fait enquête sur des plaintes se rapportant
à une action, une décision, une recommandation ou une
omission d'ordre administratif déposées contre des ministères
ou des organismes du gouvernement provincial, ou des administrations
municipales. Créée en 1998, la Division de l'accès
à l'information et de la protection de la vie privée
fait enquête sur des plaintes et vérifie la conformité
aux lois, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information
et la protection de la vie privée et de la Loi sur les
renseignements médicaux personnels.
Pour obtenir
plus de renseignements sur ce rapport, veuillez communiquer avec Monsieur
Barry Tuckett, l'ombudsman du Manitoba, au (204) 982-9130 ou au 1
800 665-0531 (sans frais au Manitoba).
Les points
saillants du rapport annuel de 1999 se trouvent en annexe.
Les médias
peuvent obtenir des copies du rapport annuel (1999) de la Division
de l'ombudsman auprès du Bureau de l'ombudsman provincial ou
des Services de l'information au bureau 29 du Palais législatif.

Points saillants concernant les améliorations en matière
de politique découlant des plaintes déposées
auprès de l'ombudsman en 1999
- Dans la région
de Winnipeg, le ministère des Services à la Famille
(actuellement le ministère des Services à la famille
et du Logement) a mis en uvre un nouveau processus par lequel
les licences sont renouvelées au nom du fournisseur de soins
plutôt qu'au nom de l'agence privée. Le changement
découle d'une plainte déposée par un fournisseur
de soins qui, dans le cadre du Programme de vie en société,
ava it été engagé par une agence privée
pour fournir un cadre d'hébergement de type « familial
» à un adulte. Lorsque l'entente de placement a pris
fin, le fournisseur de soins était responsable du bail conclu
pour l'appartement. Étant donné que la licence avait
été délivrée au nom de l'agence privée,
le fournisseur de soins ne pouvait pas interjeter appel devant le
Comité consultatif sur les services sociaux.
- Après
qu'on a violé les droits d'un patient en le contraignant
à un internement non réglementaire dans un hôpital
général, les directeurs des établissements
psychiatriques ont informé leur personnel qu'il fallait observer
les procédures en matière d'évaluation psychiatrique
forcée, et ce, conformément à la Loi sur
la santé mentale.
- Le Centre de
détention provisoire de Winnipeg a examiné et révisé
sa politique en matière de fouilles à nu après
qu'une détenue s'est plainte parce qu'elle estimait avoir
été fouillée de façon non réglementaire
par une équipe d'agents de correction en présence
d'agents de sexe masculin. Depuis, le Règlement a été
modifié de façon à mettre en application une
technique selon laquelle une détenue impliquée dans
une confrontation serait d'abord contenue par des membres du personnel,
parmi lesquels il pourrait y avoir des hommes, mais serait ensuite
fouillée uniquement par des agents de sexe féminin.
- À plusieurs
reprises, on a violé les droits des particuliers quant à
leur accès aux services de l'ombudsman.
- On a révisé
le manuel du détenu d'un centre correctionnel afin de
mieux refléter les règlements de la Loi sur
les services correctionnels en matière de correspondance
provenant de l'ombudsman et de plusieurs autres personnes exclues.
Avant cette révision, les détenus du Centre correctionnel
de Brandon étaient obligés d'ouvrir leur courrier
privilégié devant le personnel correctionnel alors
que cette pratique est interdite dans les règlements.
- Un jeune
détenu du Agassiz Youth Centre a pris contact avec notre
bureau, car on lui avait refusé accès aux services
de l'ombudsman pendant environ trois jours alors qu'il était
placé dans la salle de recueillement. Les résidents
placés dans cette salle ne peuvent ni faire d'appels
téléphoniques ni avoir accès à de
quoi écrire avant de s'être engagés, verbalement
et par écrit, à travailler en collaboration avec
le personnel et leur groupe. En conséquence, les responsables
du Agassiz Youth Centre ont révisé leur politique.
Maintenant les résidents qui ont droit à de quoi
écrire dans la salle de recueillement ont également
le droit de communiquer par écrit avec leur avocat, l'ombudsman
ou les deux.
- En 1998, le
Bureau de l'ombudsman a rédigé un rapport au sujet
d'une jeune femme qui, après avoir été traitée
à l'hôpital pour usage de drogues, avait été
détenue au Centre manitobain pour la jeunesse en vertu de
la Loi sur la détention des personnes en état d'ébriété.
Le Bureau de l'ombudsman a conclu que le Centre manitobain pour
la jeunesse n'était pas un endroit convenable pour désintoxiquer
les jeunes en raison des problèmes de surpopulation et de
sécurité et qu'il fallait, en conséquence,
trouvé une solution de rechange.
Points saillants
du rapport annuel de l'ombudsman
- On a effectué
des changements au sein de l'organisme des Services à l'enfant
et à la famille de Winnipeg à la suite d'une plainte
déposée en 1997 par des grands-parents à qui
on avait refusé accès à leurs petits-enfants
qui avaient été placés sous la tutelle de l'organisme.
Selon les grands-parents, les Services à l'enfant et à
la famille de Winnipeg avaient abusé de leur pouvoir et mal
géré leur affaire de la manière suivante :
- en refusant
aux grands-parents le droit de visite après qu'une décision
rendue par la Cour en 1994 leur a accordé un droit de
visite surveillée;
- en ne mettant
pas en application les recommandations présentées
par la Direction des services de protection de l'enfance et
de soutien à la famille, selon lesquelles les Services
à l'enfant et à la famille devait élaborer
un plan d'action soit pour rétablir le droit de visite,
soit pour « ramener cette affaire devant les tribunaux
pour exiger une modification à l'ordonnance en vigueur
qui accorde aux grands-parents un droit de visite »;
- en indiquant
que les petits-enfants, qui avaient bel et bien exprimé
au Protecteur des enfants leur désir de recevoir la visite
de leurs grands-parents, auraient dit le contraire;
- en admettant
à l'ombudsman que leur organisme avait perdu le fil du
dossier en 1998 lorsqu'il y avait eu une audience pour régler
un différend quant aux droits d'accès du père
biologique, mais au cours de laquelle il n'avait pas été
question de régler le problème des droits de visite
des grands-parents.
Le Bureau
de l'ombudsman a conclu que cette affaire avait fait l'objet de
retards déraisonnables, ce qui avait entraîné
un traitement injuste et inéquitable à l'égard
des grands-parents. Les Services à l'enfant et à
la famille ne semblent pas avoir consacré les efforts nécessaires
pour exécuter ses tâches et offrir des services d'orientation,
de soutien, de consultation, de surveillance ou autres aux grands-parents
afin de préserver la cellule familiale.
On a demandé
au personnel de la Direction de l'aide aux enfants, aux familles
et aux communautés de procéder à un examen
indépendant, à la suite duquel les Services à
l'enfant et à la famille ont adressé une lettre
aux grands-parents afin de s'excuser des contradictions et des
retards de la part de leur organisme. Après une lutte qui
a duré cinq ans, on a pris des dispositions pour permettre
aux grands-parents de rendre visite à leurs petits-enfants.
