L'ombudsman
est préoccupé par le fait que les pratiques relatives
à l'utilisation des renseignements personnels de certains organismes
publics et dépositaires de renseignements médicaux personnels
ne sont pas conformes aux lois et pourraient compromettre les droits
des particuliers en la matière.
Par exemple, l'ombudsman
a conclu qu'en 1999, cinq chiropraticiens ont contrevenu à
la LRMP en utilisant des renseignements médicaux personnels
sur leurs patients qu'ils ont divulgués à des fins de
sollicitation d'appui à un candidat politique par courrier
ou par téléphone. Une enquête menée par
l'ombudsman a aussi permis d'établir que les chiropraticiens
ne respectaient pas les dispositions de la Loi en matière
de protection des renseignements.
Certains dépositaires
de renseignements médicaux personnels en savent trop peu sur
les obligations en matière d'accès à l'information
et de protection de la vie privée prévues dans la LAIPV
et la LRMP.
L'ombudsman du
Manitoba a également souligné que malgré le fait
que les organismes gouvernementaux et les ministères travaillent
depuis près de 30 ans avec le Bureau de l'ombudsman, les professionnels
de la santé et la plupart des organisations du secteur privé
touchés par la Loi sur les renseignements médicaux
personnels (LRMP) ne sont pas habitués aux activités
de surveillance menées par un bureau indépendant.
« Cela me préoccupe
de savoir que des professionnels de la santé ne connaissent pas
suffisamment la loi régissant les renseignements médicaux,
a affirmé l'ombudsman. Je crois que très peu de dépositaires
de renseignements médicaux personnels respectent vraiment la
Loi sur les renseignements médicaux personnels. »
Par exemple, en 1999 :
- une enquête portant sur une clinique médicale derrière
laquelle des dossiers de patients ont été retrouvés
dans les poubelles a permis de confirmer qu'en vertu de la LRMP,
la clinique a violé les droits des patients et omis de protéger
les renseignements personnels qu'elle détenait;
- un professionnel de la santé a fait parvenir une facture
au Bureau de l'ombudsman pour le temps qu'il a passé à
répondre aux questions du Bureau concernant une plainte ayant
été déposée contre lui.
L'ombudsman a
aussi mentionné que l'accroissement des activités fédérales-
provinciales relativement à la création d'une infrastructure
électronique nationale sur des renseignements médicaux
devra tenir compte du besoin de créer un tel système
et de la nécessité de protéger les renseignements
médicaux personnels, et ce, conformément à la
LRMP, une loi manitobaine avant-gardiste dans ce domaine.
Les organismes publics et le public ont besoin d'être mieux
informés de leurs droits et obligations en vertu de la LAIPV
et la LRMP.
Afin de mieux
définir certains principes et questions portant sur les droits
relatifs à l'accès à l'information et la protection
de la vie privée, l'ombudsman a rédigé Arrêt
sur image, un rapport spécial déposé à
l'Assemblée législative concernant l'état actuel
de la protection de la vie privée et certains défis
et questions d'ordre provincial, national et international concernant
la vie privée.
Ni la LAIPV
ni la LRMP ne définissent de manière claire le
consentement éclairé en ce qui a trait à l'obtention
et à la gestion des renseignements personnels. Ce fait, combiné
à la demande croissante d'orientation sur les pratiques courantes
de gestion des renseignements personnels par de nombreux dépositaires
et organismes publics, a forcé l'ombudsman à élaborer
le document Éléments du consentement en 1999.
Ce document vise à fournir de l'information sur le consentement
éclairé et fait office de guide pratique à l'intention
des dépositaires et des organismes publics en ce qui a trait
à la collecte, à l'utilisation ou à la divulgation
de renseignements personnels ou de renseignements médicaux
personnels.
L'ombudsman a
entrepris la rédaction de documents destinés à
la distribution à grande échelle afin d'aider les organismes
publics et les dépositaires à auto-évaluer leur
niveau de conformité à la LAIPV et à la
LRMP. Le travail portant sur ces outils généraux
est demeuré inachevé car les ressources et le personnel
ont servi à traiter un nombre croissant de plaintes sur l'accès
à l'information et la protection de la vie privée, plaintes
qui sont de plus en plus complexes.
L'accroissement
du nombre de plaintes fait en sorte que l'ombudsman met de côté
le travail important de vérification de la conformité
pour effectuer des enquêtes et des vérifications sur
les organismes publics et les dépositaires et les superviser,
ainsi qu'informer le public sur la LAIPV et la LRMP.
Depuis 1997, année
où la nouvelle loi a été adoptée, les
plaintes ont plus que doublé.
En 1999, le personnel
de la Division de l'accès à l'information et de la protection
de la vie privée du Bureau de l'ombudsman a mené des
enquêtes sur 159 plaintes, ce qui correspond à une augmentation
de 35 % des plaintes par rapport à l'année précédente.
Bien qu'un nombre record de cas (151) ont été réglés
en 1999, les cas qui ont été reportés à
2000 ont plus que doublé.
Près de
25 % des plaintes reçues au cours de l'année portent
sur des questions concernant la protection de la vie privée.
Ces cas nécessitent beaucoup plus de travail et de temps que
les questions portant sur l'accès à l'information, et
ce, en raison de leur nature intime, délicate et personnelle.
Par exemple :
- une plaignante s'est dite préoccupée par le fait
que son psychiatre ait transmis, sans son consentement, des renseignements
médicaux personnels la concernant aux Services à l'enfant
et à la famille de Winnipeg, après quoi on lui a enlevé
la garde de son enfant. Le psychiatre a précisé avoir
agi de la sorte parce qu'il doutait des capacités de la femme
de prendre soin de son enfant adéquatement. Il a également
ajouté qu'en vertu de la Loi sur les services à
l'enfant et à la famille, il avait l'obligation de faire
part de ses préoccupations aux Services à l'enfant
et à la famille;
- un employé du Programme de permis de stationnement,
administré par la Society for Manitobans with Disabilities
Inc. au nom de Transports et Services gouvernementaux Manitoba, a
télécopié le certificat médical d'un plaignant
à la Commission des accidents du travail sans avoir obtenu
le consentement écrit du plaignant;
- une violation de la vie privée est survenue lorsque
l'âge d'employés a été dévoilé
dans un rapport de Gestion globale des systèmes, un projet
de Finances Manitoba. Bien qu'aucun nom n'ait figuré dans ce
rapport, on pouvait facilement se procurer cette information en comparant
le rapport à un autre paru au même moment.
Les demandes d'accès
à l'information sont de plus en plus exigeantes et complexes.
Le nombre de demandes d'accès autorisées en totalité
ou en partie par des organismes gouvernementaux de la province s'établit
à 55 % cette année, une diminution par rapport aux cinq
dernières années où au moins 74 % des demandes
étaient autorisées.
Dans son rapport
annuel, l'ombudsman a également souligné que 90 % des
demandes d'accès à l'information effectuées par
les ministères et organismes gouvernementaux en 1999 ont été
traitées dans les trente jours requis, ce qui a pour effet
de soutenir la réputation du Manitoba en tant que province
canadienne où le délai d'intervention est parmi les
plus courts.
Créé
en 1970, le Bureau de l'ombudsman de la province vise à promouvoir
la justice, l'équité et la responsabilité administrative
au moyen d'enquêtes indépendantes et impartiales sur
des plaintes et de vérifications de la conformité aux
lois et aux règlements. En vertu de la Loi sur l'ombudsman,
l'ombudsman enquête sur des plaintes portant sur une loi, une
décision, une recommandation ou une omission d'ordre administratif
déposées contre un ministère ou un organisme
gouvernemental de la province ou contre une administration municipale.
Créée en 1998, la Division de l'accès à
l'information et de la protection de la vie privée fait enquête
sur des plaintes et vérifie la conformité à la
Loi sur l'accès à l'information et la protection
de la vie privée et la Loi sur les renseignements médicaux
personnels.